6 novembre 1976

6 novembre 1976
J'ai enfin réussi à me traîner jusqu'à ce journal pour y écrire l'événement atroce qui vient de m'arriver. Mais autant tout raconter depuis le commencement.
Ca avait débuté en cours de métamorphose. Nous devions énoncer des exemples, et Severus l'omniscient m'a glissé une petite vacherie, déguisée en intervention banale pour le cours. Toujours prompte à me défendre, j'ai réalisé une petite caricature de lui guère ragoûtante, hélas interceptée par le professeur Mac Gonagall. J'ai du lire mon petit message à la classe entière et m'alléger de 15 points. La seule perspective de me venger de cette humiliation me mettait du baume au c½ur, et Morgiane sait que j'en avais besoin !
Un peu plus tard, j'ai croisé « par le plus grand des hasards » mon tortionnaire favori. Après un léger badinage destiné à endormir sa vigilance (ce qui n'a pas marché d'ailleurs... il est rusé, l'animal !) je l'ai plaqué contre un arbre pour lui cracher mon venin. Sauf que j'ignorais qu'en plus d'être rusé, il sait se défendre ! Après s'être dégagé et m'avoir tancé pour mon obstination puérile (mais qu'est-ce qui n'est pas puéril chez moi, Severus très cher ?), il m'a menacé si jamais je faisais encore ma mauvais tête avec lui. Mais ais-je jamais été réceptive aux menaces ? Je lui ai répondu d'un coup de griffes leste, sanglant et efficace. Là, il a perdu tout contrôle, mais sans même lever la main sur moi, il m'a hurlé au visage qu'il ne voulait plus jamais revoir une folle comme moi, et que je n'avais cas dès lors me considérer comme pleinement célibataire. Fin de l'acte, et de notre ersatz de relation. Le temps que l'information arrive à mon esprit et que je me rende compte des conséquences de mon impétuosité, il avait déjà rebroussé chemin. Hé là mais non... NON !!! Je me suis jetée derrière lui et l'ai enserré par derrière. Ma partie sauvage me hurlait des insultes pour ce comportement si... humain ! Mais je ne voulais pas le laisser partir, je ne pouvais pas !! Je ne sais plus ce que je lui ai bredouillé de ma voix plus aiguë qu'à l'ordinaire. Sûrement tout mon attachement à lui, mais surtout le besoin viscéral que j'avais de son regard, sa voix, sa présence, ses piques, ses baisers.... A dire vrai, je l'avais amoché, avec ce coup de patte trop prompt. Je l'ai embrassé comme jamais je ne l'avais fait. Il ne pouvait pas, il ne pouvait pas !! Avec cette douceur qu'il réserve aux situations explosives, il s'est lentement libéré et est parti après un dernier regard. Nous n'avons pas vraiment « rompu ». En tout cas, pas encore. Il va prendre un peu de temps pour réfléchir. C'est triste à dire, mais je suis réellement suspendue à sa décision sur nous. Je l'attendrai.

# Posté le jeudi 15 décembre 2005 12:02

Modifié le mercredi 27 juin 2007 14:04

8 novembre 1976

8 novembre 1976
Deux jours. Ca va faire deux jours que Severus et moi tentons de nous éviter. Je n'ai plus goût à rien. Plus de contact avec Lucius, Narcissa, Lily ou d'autres amis. Les cours me dépriment comme ça n'avait jamais été le cas. Tous les élèves qui me côtoient, Serdaigle ou non, me semblent insipides et niais. Cette grande bâtisse est lugubre et froide. Et moi, je suis le dernier des résidus humains. Sans lui, plus rien ne vaut le coup. Et en plus, aucune lettre de mes parents pour m'exprimer ou me faire réconforter, à cause de cette barrière, aussi présente qu'inutile. Le reste de ma vie va-t-il vraiment ressembler à ça ? Je suis fatiguée en permanence, je ne me démêle plus les cheveux, je crois bien que je porte la même robe de sorcière depuis une semaine et je me retiens d'éclater en larmes dès que je regarde un mur. Des rumeurs bien fondées disent que Miss Cheska, notre professeur d'astronomie a jeté son dévolu sur lui. Cette fois, je n'ai plus aucune chance. Tout ce que Poudlard compte de masculin se roule à ses pieds pour un regard d'elle. Pourquoi aurait-il cure d'une insignifiante et farineuse Serdaigle en pleine déprime...Pourtant, je l'ai vu aujourd'hui...
Je ne sais plus où j'allais, j'étais dans les escaliers et il m'a hélé. J'étais tellement surprise de le voir, et surtout qu'il fasse attention à moi que j'en ai fait tomber mes livres. Le temps que je ramasse le tout, que je me dégage les cheveux de mon champ de vision et que je manque de trébucher sur ma robe, je sentais son regard. Et en me redressant, j'ai vu qu'il était... attendri par mes petits malheurs. Avant que je rougisse, me mette à pleurer ou refasse tomber le tout, il me fallait une réplique bien cinglante. Prouver que je peux aller très bien sans lui, quitte à ne pas être sincère. J'ai lâché en vitesse une allusion au Professeur Cheska. Il n'a pas apprécié du tout et m'a répondu de la même manière indirecte qu'elle l'intéressait. Il faut croire que Laya-sauvage a dépéri pendant mes sombres journées, car elle n'a pas supporté cette réponse et je me suis vue baisser la tête, la bouche frémissante. Je ne suis plus ni combative, ni insolente, ni blindée... Il est l'heure de prononcer mon avis de décès. Il s'est soudain repris et m'a murmuré « Que sont les astres quand on côtoie une étoile ? » Je lui ai pris la main et..... et il a vite dit qu'il était content que nous ne soyons plus fâchés, en retirant doucement sa patte. Immédiatement, mon visage s'est retransformé en plomb froid et j'ai vite pris congés. Je crois qu'il m'a regardée partir. Ce n'est pas encore pour aujourd'hui. A mon humble avis, il a été dégoûté de ce que je suis devenue et ça l'aura persuadé pour de bon. Je sens que je vais tacher la page de mes larmes. Je m'en vais traîner ma carcasse à mon lit. Je ne pense pas avoir la force d'en sortir avant un bout de temps...

# Posté le vendredi 16 décembre 2005 11:42

Modifié le mercredi 27 juin 2007 14:04

10 novembre 1976

10 novembre 1976
Ce soir, altercation avec le Professeur Cheska, ça m'a sorti de ma torpeur pour quelques heures. Son affaire avec Severus se précise de jour en jour. Je le sais maintenant : elle lui court après. Une enseignante ! Si elle croyait que j'allais laisser passer ça... Je l'ai croisée dans les escaliers et je l'ai retenue pour lui « poser une question sur le cours ». Fort heureusement, je me débrouille toujours bien en périphrases et métaphores. Tout en divaguant sur les astres, je lui ai signifié qu'elle n'avait pas à frayer avec un de ses élèves, et surtout le protégé de son compagnon, qui n'est autre que le Professeur Shark. Elle a commis l'erreur de prendre mes menaces avec désinvolture et balaya le tout d'un petit rire suffisant, tout en me faisant savoir que je lui devais toujours le respect. Mon respect ?? Elle n'avait cas faire quelque chose pour le mériter ! J'ai laissé le tout en suspens en rebroussant chemin avant de lui arracher un ½il. J'étais dans un tel état que j'ai filé en tour d'astronomie pour me cogner un bon coup sur les murs.
J'étais en train de rugir et boxer depuis quelques minutes quand j'ai senti une présence derrière moi. Un instant, j'ai pensé à lui. Il y avait quelques temps, ça s'était bien passé comme ça. Mais non. Elle. Toujours elle. J'ai juste eu le temps de retenir mon poing pour ne pas l'assommer. Quand on assassine un professeur, la morale bien pensante nous tombe immanquablement dessus. Aussi, j'ai une nouvelle fois tourné les talons pour ne plus me retrouver en sa présence. Elle m'a appelée et dit que nous devions discuter.... d'égale à égale. Ben voyons ! Une égale aurait déjà eu droit à tous les traitements de faveur de ma part, alors pas de ça avec moi ! Elle m'a sommée de cracher mon venin. Action, réaction : un beau molard est venu s'écraser à ses pieds. J'ai enfin déversé sur elle toute la rage qui me brûlait les tripes. Pour qui se prenait-elle !! Tromper à ce point la confiance que son compagnon avait en elle ! Courir après un de ses élèves, et en plus, le préféré dudit compagnon ! Faire des avances directes à MON Severus !! Et tout ça, en usant de son titre de Professeur !!! Cette garce allait briser mon bonheur à peine naissant. Mais elle s'en fichait pas mal, tant qu'elle obtenait ce qu'elle voulait, le monde entier pouvait bien aller se faire voir. Voila tout ce que je lui ai dit, et encore, je vous écris ici les grandes lignes. Elle me répondit en mélodrame qu'elle ne contrôlait pas ses sentiments, que si elle avait pu oublier Severus, elle l'aurait fait de suite, et autres palabres empestant la guimauve au sirop. Comme de bien entendu, ça ne m'a pas satisfait du tout. Est-ce qu'elle se rendait seulement compte qu'elle avait jeté son dévolu sur le seul garçon que... que je... j'ai.... Et zut... Là, fondue de guimauve, Sarah Cheska dans toute son horreur est apparue : « Crois tu que s'il t'aimait vraiment, lui aussi aurait ressenti les mêmes sentiments que moi ? Non Laya ! Tu dis que tu avais l'impression de compter pour lui, mais peut-être n'était-ce que pâle illusion ! Peut-être que lui ne t'avait pas rejeté comme les autres car il ne te considérait pas comme une personne de première importance ! Peut-être que lui jouait avec toi ! Je ne sais pas moi ! Va le voir et exprime lui tes sentiment, si il t'aime comme tu crois le savoir, il ira vers toi...Et si il ne t'aime pas, il ira vers moi ..... »
Je ne me suis plus retenue plus longtemps et lui ai envoyé une gifle magistrale. Le problème, c'est qu'elle aurait peut-être eu plus d'impact si je n'avais pas eu à ce moment là les yeux brouillés de larmes. Je l'ai envoyée se faire voir avant de battre en retraite. Depuis, ce qu'elle a dit me reste en tête. Même si ça me fait horreur, je dois reconnaître qu'il y a du vrai dans ce qu'elle m'a dit. Si je n'avais pas été aussi lamentable avec lui, il ne se serait pas laissé attirer par ses chants trompeurs. Je ne peux donc que m'en prendre qu'à moi-même dans cette histoire. Mon Severus, si tu savais....
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# Posté le samedi 17 décembre 2005 07:37

13 novembre 1976

13 novembre 1976
Tourne le monde, tombent les hommes et chavirent les esprits. J'ai ressuscité ce soir. Douce renaissance celle-ci...
Ce soir, j'errais toujours dans les escaliers, désincarnée, morte et ectoplasmique. Mon nom, jeté d'une voix étrange, m'a fait dresser l'oreille. J'étais en train de l'envoyer aux 36 diables quand, au milieu de ma phrase, j'ai reconnu Severus. Je me demandais si j'allais encore me mettre à pleurer, continuer mon chemin, ou rester à regarder voler les mouches, quand je me suis rendue compte qu'il avait littéralement volé à moi et m'embrassait de cette manière fiévreuse, désespérée et divine qui m'avait tellement manquée. Juste assez pour faire passer en moi un nouveau souffle de vie. Je me suis agrippée à lui et lui ai rendu la pareille. Il m'a murmuré des excuses, son front contre le mien. Il ne m'a pas vraiment dit ce qui s'était passé, mais je n'allais pas commencer un interrogatoire maintenant. Non, pas maintenant. Il a achevé de me ramener à la vie par une étreinte délicieuse, qui a duré longtemps. Je ne savais plus depuis combien de temps nous étions sur place, mais il a remarqué qu'il se faisait tard et m'a raccompagné à ma salle commune. Le chemin fut apaisant et silencieux. Très silencieux. Je voyais bien qu'il avait des soucis en tête, mais je ne pousse pas aux confidences. Ce n'était pas le moment de l'importuner avec quoique ce soit. Nous nous sommes quittés doucement, après que je lui aie abandonné un frôlement de lèvres au creux du poignet. Bien sûr, j'aurai des questions à lui poser, mais elles attendront un peu. La vie va repartir, et croyez-moi, je saurais bien rattraper le temps perdu !
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# Posté le samedi 17 décembre 2005 11:21

Modifié le lundi 19 décembre 2005 13:31

15 novembre 1976

15 novembre 1976
Ce soir, je suis allée à la tour d'astronomie pour regarder un peu les étoiles. Ca faisait longtemps que je n'avais plus pris le temps pour une telle contemplation. J'était bien : allongée sur le sol en pierre, la tête dans le ciel, humant la brise heureusement pas trop fraîche. Dans quatre jours, c'est l'anniversaire de Severus. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui préparer... Un vieil air de violon est venu s'insinuer dans ma tête. Ma main a commencé à onduler, suivie par mon bras, et par tout le reste. Je me suis levée, débarrassée de ma cape et c'était parti pour une improvisation !! Qu'est-ce que je risquais, j'étais seule. Jusqu'à ce qu'une voix masculine frôle mon oreille. Mon poing est parti en premier tandis que je suivais plus loin. Il est allé s'écraser dans la mâchoire d'un garçon aux cheveux noirs coiffés comme la jungle amazonienne, aux lunettes rondes et au sourire arrogant. Le coup l'a de suite envoyé au tapis. Les hommes sont vraiment fragiles, de nos jours... Me surprendre en plein délire artistique.... J'ai de suite pointé ma baguette sur lui en lui demandant des explications sans fioritures. Il m'a confirmé mon impression : c'était bien James Potter. Lily m'a rapporté ses impressions sur lui, agrémentées des observations de Severus. Autant dire qu'il ne partait pas gagnant dans mon estime. Surtout avec le comportement arrogant qu'il a adopté. Il s'est relevé dignement et a commencé à me titiller sur ma manière de danser, d'un air qui se voulait séducteur. Il était tellement pathétique que ça m'a fait rire. Voyant que je baissais ma garde, il a tenté de s'enquérir sur l'identité de mon chevalier servant (j'ai eu la malencontreuse idée de lâcher l'information au milieu d'une phrase). Il a du passer son tour, je n'ai rien dit. D'après ce que j'ai vu, ma rousse amie de Gryffondor ne le laisse guère indifférent. Et moi, ma pitié aléatoire et ma bonté sélective nous sommes senties obligées de risquer une tentative de réconfort. Je doute sincèrement qu'il ait jamais ses chances avec elle. En tout cas, pas avec cette mentalité arrogante et cette attitude cavalière. J'ai passé une soirée pouvant être qualifiée de pas trop mauvaise, à le descendre en flammes et répliquer à ses invectives. Laya-sauvage me souffle que je devrais me méfier. Qu'elle me laisse en paix quelques temps, elle ! Pour le moment, je suis dans une superbe période, et personne ne viendra me la gâcher !

# Posté le jeudi 22 décembre 2005 08:01

Modifié le mercredi 27 juin 2007 14:05