21 octobre 1976

21 octobre 1976
Mille troupeaux de licornes, je suis encore toute chose de cette soirée... Elle avait pourtant commencé banalement, sur un ton agréable.
J'étais en train de glisser sur la rampe de pierre des escaliers, assise en amazone comme à ma vieille habitude. Et voila que je vois derrière moi un garçon qui en faisait tout autant. Le ridicule ne tue pas... mais peu s'en faut. J'ai re-sauté souplement sur les marches en attendant de lui demander pourquoi il copiait mes habitudes idiotes et qui me sont tellement chères. Mais il s'est trouvé que ce garçon, un certain Franck Londubat, avait de bonnes manières. Bon, une conversation à enrichir bien sûr, mais j'avais du temps à perdre (et il était anormalement gentil avec moi.... Aurais-je du succès auprès de la gente masculine ??? ). Je devisais donc tranquillement avec lui, quand s'abattit brusquement sur nous une grande chose noire et volant au vent... Severus. Le temps que je le reconnaisse, je me mis idiotement à me sentir coupable. Il faut dire que son air accusateur n'arrangeait rien. Il s'est mis à me saluer avec force de phrases à double sens... Ce qui m'a quelque peu énervée. Mon instinct guerroyeur s'est réveillé, je lui ai répondu d'une manière toute aussi sibylline, et la dispute était engagée, sans que le sieur Londubat n'y comprenne rien. Enfin, Severus s'est décidé à décamper et j'ai pu reprendre mon dialogue.
Mais son comportement étrange me restait en tête. Pourquoi m'avoir fait ce cirque alors qu'il brame que nous ne sommes pas ensemble ? Pourquoi je ne pourrais même plus parler simplement avec un quelconque garçon ? Pourquoi je me suis sentie si mal quand il m'a regardée comme ça ? Mais enfin pourquoi, pourquoi ??? Le soir venu, je suis monté en tour d'astronomie en quatrième vitesse. Il fallait que j'exorcise tout ça. Je me suis lâchée comme rarement : je me suis fracassé les poings sur les murs de pierre et j'ai hurlé à m'en brûler les cordes vocales. Il n'avait pas à me surveiller comme ça ! Il n'avait pas à me faire une scène alors qu'il n'y a rien entre nous !! Rien... d'un point de vue officiel... J'en étais à ce point là de mon défoulement quand quelqu'un a eu le malheur de poser le pied son mon territoire de la soirée. J'allais lui hurler tout mon sac d'injures, et l'expulser à coups de sorts quand j'ai vu que c'était juste..... Severus. Encore lui. Encore, toujours et immanquablement. Il a eu l'air surpris de me trouver dans cet état. Moi, j'en étais toujours à me demander si je le faisais passer par-dessus bord ou si je le finissais au poing, quand sortit enfin cette phrase assassine :
« Laya... tu pleures ? »

Comme toute personne normalement constituée, j'ai bravement nié avant de m'effondrer à genoux en sanglotant de toute mon âme. Mais ne me demandez pas pourquoi, je ne saurais vous le dire. Il s'est agenouillé près de moi et avant qu'il pense à rien, je suis vite venue me blottir contre lui. A ce point là, je n'avais rien à perdre... ou plutôt si, tout à perdre. Etrangement, il ne m'a pas repoussée et m'a bercée doucement. Nous sommes restés ainsi quelques minutes, avant de nous rendre compte que si quelqu'un venait.... Mieux valait ne pas imaginer. En nous relevant, il m'a annoncé que, comme il ne recommandait sa compagnie à personne et si je le voulais bien, il valait mieux arrêter de se « fréquenter ». Problème pour lui : j'étais loin de le vouloir. Je lui ai fait une tirade tout à fait incompréhensible et décousue pour lui dire que si je devais souffrir, autant que ce soit avec lui. Je crois qu'il a acquiescé en attendant de comprendre complètement ce que j'avais dit. Nous sommes descendus de la tour silencieusement et sommes partis de notre côté chacun.

# Online seit Donnerstag, 08. Dezember, 2005 um 05:47

Geändert am Mittwoch, 27. Juni, 2007 um 14:04

28 octobre 1976

28 octobre 1976
Décidément, je passe beaucoup de journées fortes en émotions... En cette période de Halloween, nous sommes tous de sortie à Pré-au-Lard. Et comme le bal du 31 est déguisé, je peux voir tous les élèves se promener dans les rues grimés selon leurs goûts. Vous vous étonnez que je ne sorte pas mon ironie acérée pour les accabler ? Ca doit venir du fait que je suis cette tendance. Cette année, je suis habillée en ange nocturne : une longue robe de soirée en velours noir, fendue de côté, et une paire d'ailes blanches dans le dos. Le premier qui rit aura à faire à moi, c'est encore ce qui me représente le plus, comme déguisement.
J'ai croisé Lily et nous avons fait un bout de chemin ensemble. Elle m'a rappelé une affaire qui date de notre précédente et toute première rencontre : la gente demoiselle veut me trouver un chevalier servant. Aujourd'hui, elle m'annonçait toute guillerette que ses recherches avançaient. Plus elle m'en parle, moins je suis à l'aise. Non pas que ça me rende coupable aux yeux de Severus, vu que nous ne sommes pas ensemble... mais pourquoi je le mentionne aussi !! Comme elle a vu que la question me gênait, elle a changé de sujet en m'offrant un cadeau. Hé oui, même moi, je suis capable d'oublier mes 16 ans ! Et quel cadeau... Un journal intime flambant neuf en peau de dragon, accompagné d'un coffret de calligraphie avec plume, encre etc... Ce présent saura admirablement prendre la relève de ce journal, quelque peu éprouvé par les outrages du temps.
Peu après, je flânais du côté des dolmens quand j'ai vu que les lieux étaient déjà occupés. Pas la peine de vous faire un dessin, c'était le seul être masculin que je rencontre comme par hasard les trois quarts du temps quand j'ai envie de ne penser à rien... Severus Rogue. Et dans un déguisement d'aristocrate qui lui allait, ma foi, très bien. L'ambiance était plus détendue entre nous, nous avons ironisés de concert, et il m'a invité à être sa cavalière au bal. Sans montrer trop d'émotion (je ne suis pas une groupie, enfin !), j'ai accepté avec plaisir, mais en lui demandant quand même s'il avait quelques bases de danse. Il me l'a démontré tout de suite en m'invitant à un tango des plus mémorables. De le sentir contre moi, d'entendre cette musique, d'être entre ses bras... Je me sentais de plus en plus engourdie, et je ne saurais dire lequel d'entre nous a embrassé l'autre le premier. Mais je me souviens, et me souviendrai encore longtemps je pense, de cette sensation si agréable qui s'insinuait en moi. Je ne sais plus combien de temps ça a duré, je ne sais plus comment nous nous sommes séparés... Mais est-ce vraiment important ? Ma partie rebelle, cette fameuse Laya-sauvage, me cornait aux oreilles que je n'étais pas amoureuse, que c'était rationnellement impossible, que dans ce cas, je perdrais toute dignité etc etc... Mais il me semble que Laya-sauvage n'a jamais été embrassée de la sorte...

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Geändert am Freitag, 09. Dezember, 2005 um 13:52

29 octobre 1976

29 octobre 1976
Je me suis disputée avec Narcissa. Un seul événement négatif peut faire s'envoler toute la bonne humeur accumulée les derniers jours.
Encore sur mon petit nuage de tango Roguien, je m'étais arrêtée au Ceylan, le salon de thé de Mme Pieddodu. Une bonne pâtisserie dans une atmosphère feutrée et chaude, voilà ce qu'il me fallait. Narcissa est venue me rejoindre. J'en ai profité pour lui offrir un portrait d'elle. Il faut dire qu'elle m'a offert pour mes 16 ans un splendide coffret à dessin, comportant tous les ustensiles artistiques imaginables. Je suis vraiment gâtée, cette année !
Elle m'a posé une question que je sentais mûrir en elle depuis un petit bout de temps : qu'en était-il de mes relations avec Severus ? Comme dirait si bien papa, j'ai senti « un voyant rouge clignoter » en moi. Immédiatement, j'ai tenté d'éluder en affirmant que nous étions amis-rien-de-plus, que d'ailleurs, il me tapait un peu sur le système, et que pourquoi lui d'abord ? Je n'aimais pas « blasphémer » ainsi sur mes rencontres avec lui, je détestais encore plus mentir à Narcissa... mais je pense bien que Severus n'aurait jamais voulu que je ne dise un mot à ce sujet. Elle ne s'est pas laissé faire, s'est énervée en insistant, et a même lu dans mon esprit. Que pouvais-je faire ! J'ai sorti une excuse totalement idiote : je n'avais aucune vue sur Severus pour la bonne et simple raison que j'en avais sur un autre garçon. Elle a bien vu que je racontais n'importe quoi, ce qui a achevé de la mettre en colère. Et soudain arriva le n½ud du problème : Severus toujours !! D'une nature réservée et asociale, il a du être particulièrement refroidi par notre attitude : moi, pâle, silencieuse et complètement dépassée dans mon coin, et son amie en pleine crise de rage qui se mit à l'invectiver au possible. Lui a tout de suite désamorcé la bombe. Narcissa n'était pas calmée, mais elle a tourné les talons en nous promettant mille vengeances. Je n'en avais pour autant pas fini. C'est lui qui s'est mis à me haranguer pour avoir fâché sa chère amie. J'ai mis la situation au clair en opérant une retraite courroucée. Je ne suis pas là pour recevoir tous les reproches de la Terre, non mais ! Je crois qu'il a assimilé mes explications et tentera de rétablir le contact avec Narcissa. Pour le reste, comme il me l'a lancé de loin, nous continuons sur notre lancée et ne changeons rien...

# Online seit Freitag, 09. Dezember, 2005 um 09:15

Geändert am Samstag, 10. Dezember, 2005 um 13:32

4 novembre 1976

4 novembre 1976
Ce soir, rencontre au sommet. J'ajouterais même au sommet des escaliers. Je surfais sur ma rampe, humant ce que la brise me racontait ce soir, quand elle me rapporta une conversation polie dans laquelle je déboulais comme... un canidé dans une partie de bowling ? Il faudra que je révise mes proverbes avec papa... Toujours est-il que j'interrompais ce cher, omniscient et inratable Severus Rogue ! Et en palabres des plus urbains avec mon amie Lily Evans. A la joie de voir deux personnes que j'appréciais énormément, céda la gêne de la « mission » dont voulait s'acquitter ma rousse camarade : m'offrir un sac à main en forme de garçon. Et quelque chose me disait que Severus n'avait guère l'allure requise à ses yeux pour moi. Ca a été encore pire que j'imaginais. Le plus ingénument du monde, elle s'est exclamée qu'elle avait une rencontre à me faire effectuer pour la Saint-Valentin, vu que ça serait « tellement romantique ». Je ne sais pas ce qui était le plus atroce : la présence de Severus ou le regard qu'il me lança. J'ai du passer par toutes les couleurs possibles et imaginables avant de pouvoir baragouiner qu'il ne valait mieux pas compter sur moi pour célébrer un jour pareil. Mais le mal était fait, Severus m'a fixée, les yeux tellement noirs que je me demandais si je ne voyais pas juste ses orbites. Lily, et c'est bien normal, a du se sentir un peu mise à l'écart dans notre silencieux et malsain échange. Après s'être inquiété de son état, et selon sa délicieuse habitude quand un sujet commençait à devenir sensible, elle changea de conversation. Et elle eut la bonne idée de lancer à la figure de mon sombre ennemi mon anniversaire qu'il s'était fait un devoir d'oublier royalement. Et plaf, en plein dans le mille ! Il a été plutôt mal à l'aise... qui, connaissant sa tendance peu expressive, signifiait qu'il était aussi gêné que moi auparavant. Au fond, je m'en fiche pas mal, si je devais en vouloir à tout ceux qui ne m'ont ni souhaité ma 16è année, ni offert quoi que ce soit, je serais en rogne contre le monde entier. Toujours est-il que, toujours aussi innocemment et vu que nous n'étions toujours pas prêts à débattre sur ce sujet-là non plus, elle lui demanda s'il savait que je dansais, ajoutant d'une sublime candeur que je « semblais voler quand je dansais ». Nouvel échange de regards entre lui et moi, mais loin d'être aussi noir que le précédent. Ce souvenir commun de tango, quand il nous avait fait léviter à un petit mètre du sol, à Pré-au-Lard... Comment oublier ! Au bout de quelques minutes de nostalgie, nous reprîmes nos esprits. Et avant que Lily lance selon son choix un autre sujet horriblement humiliant ou une superbe perle de fraîcheur, je pris rapidement congés en continuant ma folle glissade. Soyons bien clairs : j'adore, je raffole de Lily. Et je... enfin... j'apprécie Severus. Parfois, il ressemble presque à un être humain. Enfin, quand on est myope et de très bonne volonté. Mais tous les deux ensemble, c'est plus que je ne peux endurer !
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# Online seit Mittwoch, 14. Dezember, 2005 um 16:19

5 novembre 1976

5 novembre 1976
Aujourd'hui, journée fort enrichissante. D'un point de vue Laya-sauvage, bien sûr ! Nous venions d'arriver en salle de DCFM, terrain attitré de Miss Rose Bonbon. Tandis qu'elle nous débitait son pseudo cours (elle nous lisait son bouquin), Severus fit apparaître un petit oiseau au dessus de la chatte, appelée par un défi absurde à la vraisemblance « Mignonne ». Ca n'a pas raté. Le félin a suivi le piaf près de la fenêtre et, d'un bond bien ajusté pour l'attraper, est passé au travers. Quelle panique pour l'enseignante ! Le meilleur était qu'elle était incapable de se servir d'un simple petit sort de lévitation pour se ramener son animal : elle n'y connaissait goutte !! Elle a du appeler à la rescousse un élève volontaire qui en a profité pour s'octroyer au passage plusieurs points pour son acte. Personnellement, j'aurais bien voulu lui remonter, son blaireau. Juste pour pouvoir le cogner plusieurs fois contre le mur au passage... Mais bon, le chat est revenu, le calme de Rose Bimbo et celui de la classe aussi. Ne perdant pas le nord, elle nous a de suite collé un devoir à faire, avec des questions encore plus assommantes que jamais. Je me suis manifestée pour lui dire (plutôt, lui demander poliment) que ces questions étaient exactement pareilles à celles du premier devoir (qu'elle ne nous a jamais rendu, au passage). Elle a nié en me pointant du doigt une légère différence de sens, mais qui crevait les yeux pour elle. J'aurais pu me rasseoir en broutant mes molaires de tant de mauvaise foi, mais elle a ajouté que ma méprise était peut-être due à un manque d'attention de ma part à ses cours. Ca, c'était trop fort ! Je me souviens encore mot à mot de ce que je lui ai répliqué, d'un ton plus du tout poli : « Pour ce faire, il faudrait déjà qu'il y ait un cours à proprement parler. Car quand on nous répète à peu de choses près les mêmes propos d'une séance à l'autre, sans compter celles qui sont consacrées au sauvetage animalier, il est normal que l'attention se relâche. » J'ai senti un net trépignement de joie dans toute la classe. Ils m'approuvaient, Narcissa a même exprimé à ma suite son accord dans mes propos. Lucius, tout en étant plus courtois que je ne l'avais été (traduisez : il maîtrise mieux que moi la langue de bois) a tenté de calmer le jeu. Après une dernière imitation ironique de la prof (elle ne l'a même pas remarqué et a encore cru que je lui faisais des compliments), j'ai consenti a reprendre ma place pour les quelques minutes qu'il restait. Le dernier cours où je m'étais autant amusée était celui de potions. Il faut croire que j'ai une tendance anarchique...
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# Online seit Donnerstag, 15. Dezember, 2005 um 11:31

Geändert am Dienstag, 26. Juni, 2007 um 16:35